Why will Bitcoin win?

Pour un investisseur, le fait marquant dû à l’invention de Bitcoin est la création d’un nouveau type de bien numérique rare — les bitcoins. Les bitcoins sont des jetons numériques transférables qui sont créés sur le réseau Bitcoin au cours d’un processus nommé “minage”. Le minage de bitcoins est grossièrement analogue à l’extraction de l’or, à ceci près que leur production suit un protocole prévisible et pré-conçu. Par convention, seuls 21 millions de bitcoins seront jamais minés, et la plupart l’ont déjà été — approximativement 16,8 millions de bitcoins ont déjà été minés au moment de l’écriture de cet article. Tous les quatre ans, le nombre de bitcoins produits par le minage est divisé par deux, et la production de nouveaux bitcoins cessera complètement aux alentours de l’année 2140.

Les bitcoins ne sont garantis par aucun produit physique, tout comme ils ne sont garantis par aucun gouvernement ou par aucune société privée, ce qui nous amène à la question suivante : pourquoi ont-ils, ou devraient-ils avoir, la moindre valeur ? A la différence des titres côtés en Bourse (actions comme obligations), des biens fonciers ou même d’autres marchandises essentielles comme l’huile ou le blé, les bitcoins ne peuvent être valorisés selon les analyses des flux financiers actualisés ou selon la demande les concernant pour leur utilisation dans la production d’autres biens de consommation. Les bitcoins appartiennent à une catégorie toute différente de biens, connus comme des produits financiers, dont la valeur se détermine selon la théorie des jeux et du comportement économique. Dans cette configuration, chaque participant au marché valorise un bien selon comment il croit (ou prévoit) que les autres participants valorisent ce bien en question. Pour comprendre la théorie des jeux et du comportement économique des biens monétaires, il faut explorer plus avant les origines de la monnaie.

Dans les plus anciennes sociétés humaines, l’échange (et par extension, le commerce) entre différents groupes de personnes prenait principalement la forme du troc. Les inefficiences incroyables inhérentes au troc limitaient drastiquement l’échelle et l’envergure de ce mode d’échange. Un désavantage majeur concernant l’échange à travers le troc est la nécessaire double coïncidence des besoins. Un producteur de pommes peut vouloir commercer avec un poissonnier, par exemple, mais si le poissonnier ne désire pas de pommes au même moment, l’échange n’aura pas lieu. Avec le temps, les humains ont évolué vers la recherche de la possession de certains objets de collection en raison de leur rareté et de leur valeur symbolique (par exemple, à travers l’histoire, aussi bien des coquillages, des dents d’animaux ou des silex).

En effet, comme Nick Szabo l’a montré dans son brillant essai sur les origines de la monnaie, le désir humain pour les collectionnables a fourni un avantage évolutif décisif pour les premiers hommes contre leur plus proche compétiteur biologique, homo neanderthalis.

Les objets de collection ont servi comme une sorte de “proto-monnaie” en rendant le commerce possible entre des tribus autrement antagonistes et en permettant à la richesse d’être transférée entre les générations. Le commerce et le transfert d’objets de collection étaient réellement peu fréquents dans les sociétés paléolithiques et ces biens avaient alors plus le rôle de “réserve de valeur” que de “moyen d’échange”, rôle que nous reconnaissons aujourd’hui assez largement à la monnaie.

 

Pendant des millénaires, comme les sociétés humaines se développaient et les routes commerciales s’étendaient, les réserves de valeur qui avaient commencé à émerger parmi les différentes sociétés en gestation commençaient à entrer en compétition les unes avec les autres. Marchands et clients allaient se trouver face à un choix : préserver les fruits de leur commerce plutôt dans la réserve de valeur reconnue par leur propre société ou bien dans la réserve de valeur reconnue par la société au sein de laquelle ils commerçaient, ou bien avec un équilibre savant entre les deux. Le fait de maintenir des économies dans une réserve de valeur étrangère était un bénéfice évident permettant d’accroître les capacités des commerçants à échanger dans la réserve de valeur étrangère. Les marchands gardant leurs économies dans une réserve de valeur étrangère avaient également une incitation nette à encourager l’adoption de cette valeur étrangère par leur propre société, comme cela augmenterait le pouvoir d’achat justement associé à leurs économies.

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